vendredi 27 janvier 2012
Alix Senator : Le plus célèbre éphèbe de la BD revient en sénateur de 50 ans
Un événement dans la BD et... la Rome antique : avec "Alix Senator", héros mythique - et icône gay - de Jacques Martin, l'intrépide éphèbe blond Alix effectue un voyage dans le temps et va revivre en sénateur quinquagénaire, proche ami d'Auguste.
Le premier tome de cette nouvelle série paraîtra le 12 septembre 2012, annoncent les éditions Casterman. Cette résurrection d'Alix et sa transposition dans une autre période de l'histoire romaine sont nées de la passion de l'historienne Valérie Mangin pour l'Antiquité et pour l'oeuvre de Jacques Martin, décédé en janvier 2010 à l'âge de 88 ans.
"Cet épisode inédit va s'imposer comme le nouveau péplum incontournable en bande dessinée, tant par sa modernité de ton et d'écriture que par l'envolée graphique et magistrale du dessin réalisé par Thierry Démarez", assure Casterman dans un communiqué.
Sous la plume de ses nouveaux auteurs, les traits du bel éphèbe gallo-romain et icône gay ont vieilli, son regard s'est durci. Mais il reste séduisant. A plus de 50 ans, il est à présent sénateur et ami de l'empereur Auguste. Il a un fils, Titus, et a adopté celui de son vieil ami Enak, Khephren.
Ensemble, ils devront résoudre les nouveaux mystères que le destin va mettre sur leur route et affronter leurs ennemis, du coeur de Rome jusqu'aux provinces les plus reculées de l'Empire.
C'est une première dans l'histoire de la bande dessinée de faire revivre et vieillir un héros, ajoute l'éditeur, qui a obtenu le soutien des héritiers de Jacques Martin.
Le personnage d'Alix, créé en 1948 par Jacques Martin dans le journal de Tintin et qui fut un des plus grands succès de la bande dessinée historique, poursuit ses aventures au sein du catalogue Casterman, parallèlement à "Alix Senator", précise le communiqué.
Thierry Démarez avait déjà été le complice de Valérie Mangin dans "Le dernier Troyen". Et ce décorateur de la Comédie-Française sait redonner parfaitement vie à l'Antiquité. "Les amateurs de grand décors et de reconstitutions historiques ne seront pas déçus. Le tome 1 est bien avancé, avec 35 pages déjà dessinées", précise l'historienne.
Source AFP
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jeudi 18 août 2011
Roger Peyrefitte, le sulfureux
Plus de 60 ans après ses débuts fracassants sur la scène littéraire, Roger Peyrefitte reste considéré comme un auteur sulfureux. Il est grand temps, dix ans après sa disparition, de porter un jugement plus serein sur un homme et une oeuvre qui ont profondément marqué leur époque.
Intime de Montherlant, il a fréquenté Cocteau, Morand, Jouhandeau, Mauriac, et a été un acteur de premier plan d'un demi-siècle de vie littéraire. Styliste étincelant doublé d'un observateur privilégié des milieux les plus divers, il a dépeint la société de son temps dans une fresque inoubliable.
Ecrivain engagé, il a été de tous les combats pour la libération des moeurs, contribuant à faire souffler sur la France d'après-guerre un grand vent de liberté. Figure du Tout-Paris, enviée pour ses succès mondains et ses amitiés dans le show-business, de Thierry le Luron et Yves Mourousi à Amanda Lear et Sylvie Vartan, il a longtemps incarné, aux yeux du grand public, l'image bien française du grand écrivain.
Nul doute que Roger Peyrefitte, qui fut tout cela et bien d'autres choses encore, intéressera les esprits libres et les amoureux de la langue française.
Antoine Deléry est né en 1968. Il poursuit des recherches sur l'histoire politique, religieuse et littéraire du XXe siècle. Il est l'auteur de Joseph Folliet, parcours d'un militant catholique paru aux éditions du Cerf en 2004.
Pour commander le livre à la librairie Senior et Gay, au rayon Biographies.
mercredi 17 août 2011
Musique : "Comme ils disent" de Charles Aznavour
En 1972, le chanteur aborde sans tabou le thème de l'homosexualité. Emporté par une mélodie réussie, le public achète en masse le 45-tours.
Année 1972. Si tout le monde effeuille la marguerite et s'aime en toute indiscrétion, mieux vaut pour le faire librement être un hétéro qu'un homo… Comme ils disent! Lorsque Charles Aznavour écrit ce titre, il aborde le tabou de l'homosexualité avec une audace dont la variété française a rarement fait preuve auparavant.
Un an après La Folle du Régiment, de Sardou, Aznavour est le premier à raconter, sans sarcasme ni détours, l'histoire d'un homme qui «habite seul avec maman». Jusqu'au troisième couplet, un double sens convoquerait presque le portrait d'un vieux garçon qui fait souvent le marché, la cuisine, qui range, lave et pique à la machine. Puis, une formule lapidaire balance:
«Mais mon vrai métier, c'est la nuit. Que je l'exerce en travesti. Je suis artiste.»
L'auteur-compositeur se souvient de la première fois où il a interprété cette chanson devant un cercle d'amis homosexuels: «Ça a jeté un froid. Puis on m'a demandé qui allait chanter ça. J'ai répondu: “moi”.»
Censuré à la radio en 1965 pour son disque Après l'amour, considéré comme une atteinte aux bonnes mœurs, critiqué pour avoir traité de la passion tragique d'une enseignante et de son élève mineur dans le film d'André Cayatte, Mourir d'aimer, M. Charles n'est pas du genre à mettre ses engagements en sourdine.
C'est son chauffeur, son secrétaire et un ami décorateur qui lui en ont inspiré le texte. Comme pour l'ensemble de son répertoire, le titre est simple, efficace: une expression banale qui tient la majorité bien-pensante à distance des minorités.
Au début des années 1970, ces «messieurs joue à joue», comme dit Jeanloup Sieff, ne sont plus refoulés dans une clandestinité honteuse, mais les gays ne sont pas encore à la parade. Ils restent des marginaux, des types différents, pas très éloignés des «autres» de Sartre, des «affreux, sales et méchants» de Francesco Masala. Une clique à part qui se trouve plus tolérée dans la capitale qu'en province. Rue Sainte-Anne, Roland Barthes croise Andy Warhol au bar du Sept, Yves Saint Laurent s'y attarde après avoir posé nu pour son parfum Rive Gauche, Jean Poiret et Michel Serrault inaugurent La Cage aux Folles.
Tout juste rentré des États-Unis, Aznavour remplit l'Olympia pour trois dates avec un récital de trente chansons, dont sept inédites. Comme ils disent est un triomphe sur scène. Emporté par une mélodie réussie, le public achète en masse le 45-tours où en couverture le chanteur pose en tenue noire, visage baissé, à l'image de ces hommes de l'autre rive qui, tout juste ramenés des profondeurs de l'anonymat, affichent encore le profil bas de ceux que la lumière blesse.
Question de temps. Charles Aznavour sait que cette chanson «qui prenait pour la première fois en compte le sort des homosexuels, mais aussi celui de leur mère, de leur sœur… leur a donné de la force!». De l'écoute à la reconnaissance, l'évolution des mentalités n'est plus qu'une affaire d'années.
Lire l'article complet sur Le Figaro
lundi 20 juin 2011
Michou, l'homme en bleu de Montmartre, fête ses 80 ans
Michou, figure de Montmartre depuis un demi-siècle, toujours de bleu vêtu, fête ce lundi ses 80 ans, et les 55 ans de son cabaret transformiste.
Quand il était petit, on l'appelait Mimi. Plus tard, on le nomma Chouchou. Un beau jour, il a choisi Michou.
Bien avant la mode des "drag queens", Michou a ouvert la voie en France au transformisme de divertissement en proposant le premier spectacle de l'après-guerre constitué d'hommes se travestissant en femmes pour caricaturer les vedettes de l'époque.
Depuis 1955, son minuscule cabaret, devenu référence internationale en la matière et qui a inspiré "La Cage aux folles" à Jean Poiret, ne désemplit pas. Outrageusement maquillées, ses "Michettes" continuent chaque soir, sur la plus petite scène de Paris, d'amuser les clients en interprétant après le dîner les stars du moment.
"Je suis populaire et ça me rend très heureux. J'ai la chance d'être un homosexuel notoire et aimé. Partout, on me reconnaît et on me salue avec beaucoup de gentillesse", ajoute cet exubérant "gars du Nord ", adepte de l'auto-dérision, débarqué à Paris à 17 ans en 1948.
"L'homme en bleu" milite malgré tout pour une certaine discrétion vis-à-vis de l'homosexualité, en décalage à l'époque. "On peut être 'homo', comme ils disent, sans se rouler un 'patin' dans la rue !", souligne cet homo public dont les sympathies politiques exprimées vont à la droite.
Michou, icône la plus populaire des nuits parisiennes, et son cabaret sont devenus des symboles français, aussi prisé que le Moulin-Rouge, le Lido et le Crazy Horse dont les danseuses participeront au spectacle anniversaire, lundi à guichets fermés, sur la scène du théâtre Le Trianon, spécialement réquisitionné. De nombreuses personnalités, de Jean-Paul Gaultier à Nana Mouskouri, sont attendues.
Figure du show-biz, Michou, fait chevalier de la Légion d'honneur en 2005, n'a pas oublié ses origines modestes: chaque mois, depuis 1955, il invite dans son cabaret les personnes âgées de Montmartre.
"Cet anniversaire me rend heureux, bien sûr, mais ça m'angoisse aussi, confie-t-il. Je sais que je vais beaucoup pleurer, mais quelle belle soirée cela va être ! Et faire la fête, c'est l'essentiel. Allez ! La vie est belle ! Youpi !".
Sources : E-llico et AFP
jeudi 9 juin 2011
L'écrivain Edmund White à Paris pour lancer un docu-entretien
L'écrivain américain sera en séance de décicaces aux Mots à la bouche, ce samedi, alors qu'un documentaire lui est consacré. L'occasion de (re)découvrir cette figure majeure de la culture gay.
Edmund White est à ce jour considéré comme l’un des meilleurs représentants de ce que l’on pourrait définir comme une littérature «homosexuelle», avec ce qu’elle implique de racines dans l’héritage des précurseurs. Tant sur le fond, puisqu’il en enseigne les caractéristiques des œuvres queer dans les plus prestigieuses universités, que sur la forme, puisqu’il a écrit à lui seul tout un pan de l’héritage romanesque homosexuel contemporain.
Le fil conducteur de l'œuvre et de la vie d’Edmund White? Le désir. Celui qui le pousse à rechercher la compagnie d’autres corps, celui qui le pousse à écrire, celui qui le pousse à ses frontières les plus intimes. Ces «états de désir» conditionnent son œuvre, tant dans ses aspects les plus lumineux que dans les moments les plus sombres. C’est autour de cet axe que s’articule le documentaire que David Lance a choisi de consacrer à l’écrivain. Dans «Edmund White: d’autres états du désir» (en référence à l’ouvrage éponyme, paru en 1980 aux Etats-Unis), le réalisateur s’attache à matérialiser le désir d’Edmund White à travers des questions, des souvenirs, des confessions, captés dans l’atmosphère tranquille de son appartement new-yorkais…
Edwund White: d’autres états du désir, un documentaire de David Lance.
Rendez-vous samedi 11 juin à 15h aux Mots à la Bouche à l’occasion de la séance de dédicace organisée pour la sortie du DVD, en présence d’Edmund White et de David Lance.
Les Mots à la Bouche, 6 Rue Ste Croix la Bretonnerie, 75004 Paris.
Source : Têtu
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mardi 7 juin 2011
Le premier baiser homosexuel de la télévision retrouvé
Des chercheurs à l'Institut du film britannique (BFI) ont retrouvé des images de ce qui est considéré comme le premier baiser homosexuel diffusé à la télévision.
La scène en question appartient à un téléfilm de la BBC datant de 1960. On y voit Sean Connery, qui suspecte son frère de coucher avec sa femme, embrasser langoureusement celui-ci pour tenter de comprendre ce que lui trouve son épouse.
Le film a été retrouvé à la Bibliothèque du Congrès américain.
Source : E-llico
jeudi 2 juin 2011
Litterature : La vie sexuelle de Garcia L.
Lorca décrypté. Comment comprendre ce grand poète andalou, doublé d'un martyr du franquisme, en méconnaissant son homosexualité?
Sa famille s'est longtemps opposée à ce qu'on fasse état de ses moeurs. Même Luis Buñuel, le grand cinéaste, s'est déshonoré par des réflexions abjectes. La plus belle pièce de Lorca, «le Public», la seule ouvertement gay, est très rarement jouée, alors qu'on reprend sans cesse ses drames paysans.
Il a fallu attendre presque cinquante ans après sa mort pour qu'on publie les onze «Sonnets de l'amour obscur», sa dernière oeuvre et la plus géniale, les seuls sonnets qu'on puisse comparer, pour leur sombre flamboiement et leur sophistication fulgurante, à ceux de Shakespeare. «Obscur», cet amour pour son dernier amant, parce que non seulement rigoureusement interdit par le machisme hispanique, mais sujet à l'incertitude et à la détresse que suscite toute passion.
Dans une lettre écrite à 20 ans, Lorca a exprimé avec le plus de subtilité poétique la fierté et le tourment qui ne le quitteraient plus. «Je suis un pauvre garçon passionné et silencieux qui, presque comme le merveilleux Verlaine, a en lui un lys pour ainsi dire impossible à arroser et offre aux yeux niais de ceux qui le regardent une rose très rouge avec une nuance sexuelle de pivoine d'avril, qui n'est pas la vérité de son coeur.» Le lys, emblème d'Oscar Wilde, opposé à la rose, symbole de l'amour féminin.
«Le cheval bleu de ma folie.
Federico García Lorca et le monde homosexuel»,
par Ian Gibson,
Seuil,
traduit de l'espagnol par Gabriel Iaculli,
436 p., 24,50 euros.
Source: "le Nouvel Observateur" du 2 juin 2011
dimanche 22 mai 2011
Festival de Cannes : Skoonheid remporte la Queer Palm
«Skoonheid», ou l’histoire d’un Afrikaner bouleversé par la rencontre avec un jeune homme, a remporté samedi la seconde édition de la Queer Palm.
Présenté au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard -et premier film en afrikaans présenté sur la Croisette- Skoonheid évoque une vision décalée des sexualités (lire l'article).
«Nous avons été bousculés et marqués par ce film qui parle de la haine de soi, de l'homophobie et aussi du racisme. Skoonheid est un film dérangeant, radical, du vrai cinéma», a déclaré la journaliste Elisabeth Quin, qui présidait le jury de ce prix indépendant du festival de Cannes. Les journalistes Marie Colmant (Canal+), Gérard Lefort (Libération), Thomas Abeltshauser (Männer, Winq, Vanity Fair, Die Welt) et Roberto Schinardi (Pride, Gay.it, Il Manifesto) comptaient parmi les jurés.
«L'idée d'un prix queer est le contraire d'une démarche communautaire. C'est avant tout l'idée d'être ouvert sur l'autre et ne rien s'interdire, en récompensant un film pour sa liberté de ton, sa vision décalée des sexualités et des rapports sociaux», a expliqué Franck Finance-Madureira, à l'initiative de la Queer Palm. Pour Gérard Lefort, «on va chercher ce qui nous semble le plus à même d'aider les gens à comprendre et à accepter».
L'an dernier, la première Queer Palm avait récompensé Kaboom de Gregg Araki, présentée hors compétition.
jeudi 19 mai 2011
Festival de Cannes : Skoonheid
C'est le premier film du réalisateur sud-africain Oliver Hermanus. Un film qui nous emporte dans les tréfonds d’une âme en crise. François vient de marier l’une de ses filles, il vit aisément à Bloemfontein grâce à une scierie et pourrait être heureux dans une existence de petit bourgeois raciste et conventionnel. Mais il est en fait terriblement malheureux et son homosexualité dissimulée ne trouve son salut que dans des partouzes pas très bandantes organisées par mailing list et dont sont exclus les folles et les métis.
En revoyant son neveu, Christian, 25 ans, il va consacrer sa frustration sur une obsession dangereuse. Il n’aura de cesse de suivre l’objet de son affection, ce symbole de la beauté (« skoonheid » en afrikaans).
Cette descente aux enfers est portée par un récit simple, poignant et efficace. Voir cet homme d’entre deux âges (40-50) s’inventer des rendez-vous d’affaires au Cap pour aller traîner son mal-être dans des bars gays où il ne parvient qu’à se saouler jusqu’à en être malade, est d’une force terrible. On comprend tellement bien qu’il ait gâché sa vie par trop d’homophobie intériorisée et qu’il est presque trop tard pour lui pour la vivre vraiment. Il va donc définitivement la gâcher entraînant dans sa chute celui qu’il désire tant.
"J’ai beaucoup été influencé par le roman de Thomas Mann Mort à Venise", explique le réalisateur. "Ce que j’aime dans le livre, c’est le défi que représente la beauté pour le personnage principal. Pour la plupart d’entre nous, la beauté est une valeur. Peu de gens savent apprécier la beauté sans vouloir immédiatement la posséder".
Sortie en salles prévue à l’automne.
Source Yagg
Festival de Cannes : Fourplay Tampa
Fourplay: Tampa est un court métrage de 17 minutes présenté au festival de Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs. ce film nous plonge au cœur d’une drague masculine dans des toilettes publiques d'un centre commercial qui va très clairement dégénérer. Un film quasi-muet, extrêmement drôle et vraiment délirant signé Kyle Henry, un jeune réalisateur texan et professeur à la fac d’Austin.
« Fourplay est en fait le nom du programme long qui regroupera quatre courts métrages qui ont en commun de parler de sexe de façon, disons, décalée », explique le réalisateur. « L’idée était de partir d’histoires qui abordent des actes sexuels transgressifs et qui sont un tournant dans la vie des principaux personnages. Tampa est une « slapstick comedy » ou une « gang-bang farce » dans laquelle un homme est rejeté par les autres hommes et essaie de trouver des « connections » dans les toilettes. »
Pour en savoir plus sur le film, visiter le blog http://fourplaythemovie.blogspot.com
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